PÉRIODE ARABE
Dès le VIIIème siècle, les Arabes étendent leur puissance commerciale dans l’océan Indien.
A partir des Comores et de Madagascar, les Arabes installent les premiers établissements commerciaux aux Seychelles et dans les Mascareignes jusqu’alors restées désertes. Les îles figurent sur de nombreuses cartes arabes, où selon les époques elles portent différents noms arabes.
Une carte de 1153, dressée par le célèbre géographe arabe, Al Sharif el-Edrissi, montre que les trois îles des Mascareignes portaient les noms de Dina Arobi (île Maurice), Dina Margabin (île de La Réunion) et Dina Morare (île Rodrigues) (Dina viendrait du sanskrit Dwipa qui signifie île). L’île Maurice aurait servi de refuge aux pirates arabes qui avaient coutume dit-on d’y cacher leurs trésors. Mais les Arabes ne restèrent pas longtemps aux Mascareignes.
PÉRIODE PORTUGAISE
En 1494 le traité de Tordesillas va laisser le champ libre aux portugais en Afrique et dans l’océan Indien. Les portugais vont détourner à leur profit le commerce des épices, de l’or, de l’ivoire et des esclaves. Cela va porter un coup dur au commerce arabe et accélérer la décadence des Etats musulmans de la méditerranée.
Les portugais ne veulent plus dépendre des arabes pour s’approvisionner en produits exotiques.
Le navigateur portugais Pero Mascarenhas redécouvre alors l'île de La Réunion en 1505; Diégo Fernandez Pereira découvrit en 1507 l'île Maurice et l'île Rodrigues, mais c'est Don Diégo Rodriguez qui donna son nom à cette dernière en 1528. Mascarenhas donna son nom à l’archipel entier. Pour les Portugais, les îles de l'archipel des Mascareignes servaient simplement de relais et de centre de ravitaillement sur la route des Indes. Ils n'occupèrent jamais les Mascareignes.
L’île de la Réunion sera nommée “Santa Apollonia ”selon la sainte fêtée le jour de la découverte de l’ile, l’île Maurice “Ilha do Cerne” (Cygnes, selon le nom d’un des cinq bateaux de l’expédition).
Tout comme pour les arabes l’île Maurice ne semble pas beaucoup intéresser les portugais qui s’en serviront uniquement pour y faire escale. S’ils ne s'établirent pas à Maurice, on leur doit toutefois l'introduction d'animaux qu'ils laissèrent lors de leurs escales vers les Indes, lesquels comme porcs, chèvres, bœufs, chiens et rats, devaient causer la disparition de certains membres de l'île, tel le Dodo.
PÉRIODE HOLLANDAISE
C’est en 1598, au cours d’une tempête, qu’une flottille hollandaise de la Compagnie des Indes Néerlandaises vint s’abriter dans une baie au sud de l’île Maurice, aujourd’hui connue sous le nom de Vieux Grand Port. L’Amiral Wybrandt van Warwyck qui commandait ces bateaux débarqua avec ses hommes et vit que l’île offrait de larges réserves d’eau, de conséquentes ressources en nourriture et le magnifique bois d’ébène. Ils décidèrent d’établir un comptoir dans la baie qui leur servit d’abris et de faire de l’île une escale pour ravitailler les bateaux de la Compagnie des Indes Néerlandaise. Warwick Haven vit alors le jour et le prénom du Prince Maurits van Nassau, stathouder de la province de Hollande, fut donné à l’île qui s’appela ainsi Mauritius.
Les débuts de la colonie furent très lents, les hollandais ayant centré tous leurs intérêts sur Java, principal producteur d’épices.
Ce n’est qu’en 1638 qu’ils installèrent une première colonie à Grand Port, un gouverneur et une vingtaine de familles y vivent. L’exploitation du bois d’ébène en fut le principal mobile. Quelques années plus tard une seconde colonie fut installée à Flacq. Au lieu de faire fructifier leur nouvelle colonie, les Hollandais se contentèrent de piller la faune (d'où l'extinction, entre autres, du célèbre dodo, une sorte de gros pigeon qui aurait abandonné ses ailes et aurait pris du poids en l'absence de prédateurs) et la flore (causant en particulier l'épuisement du bois d'ébène). En revanche, les Hollandais introduisirent la canne à sucre et importèrent des cerfs de Java. À la fin du XVIIe siècle, il se trouve sur l’île environ deux cents Hollandais et entre cinq cents et mille esclaves de Madagascar, d’Afrique, d'Inde et de Java. En 1710, les Hollandais abandonnent volontairement Maurice. L’abattage systématique des arbres a quasiment épuisé les ressources en bois précieux, les cyclones récurrents détruisent les plantations, les rats, les chèvres et les cochons qui ont été importés ont bouleversé l’équilibre naturel et engendré des ravages parmi les espèces autochtones.
En mai 1638, ils ont construit un fort carré en bois avec des bastions et des canons à chaque coin, qui a été nommé Fort Frederik Hendrik. Ce fort était gardé, dans un premier temps, par une force de 25 Hollandais, sous le commandement du premier gouverneur: Gooyer Cornelis. Le fort fut terminé le 29 Août 1638.
En 1639, un nouveau gouverneur fut nommé : Adriaen van der Stel, le père du célèbre gouverneur de l'époque du cap de Bonne-Espérance: Simon van der Stel, né à Maurice pendant le gouvernement de son père. Le nouveau gouverneur reconstruit le fort et l’arma de 14 canons, la garnison a été élargi à 80 hommes. Les premiers esclaves furent importés de Madagascar et dans le but de développer ce «commerce», en 1642 une usine hollandaise a été mise en place dans la baie d'Antongil ( N-E de Madagascar). Cette usine fut fermée à la fin de l'année 1646. Pendant le gouvernement van der Stel, on note également plusieurs tentatives pour développer l'agriculture (canne à sucre, légumes, arbres fruitiers). En 1645, Adriaen van der Stel a été transféré et Jacob van der Meersch devint le nouveau gouverneur. Au cours de son gouvernement la coupe du bois d'ébène a été mise au point, une route de cinq kilomètres a été construite à Flacq, et plusieurs bourgeois s’installèrent dans l'île.
En 1655, pendant le gouvernement de Reiner Por. On comptait dans les trois villages de l'île (Warwick Haven, Flacq et Trou d'Eau Douce), 100 personnes dont les planteurs avec leurs familles et les esclaves, et 60 employés de la Compagnies des Indes Néerlandaises. Une nouvelle tentative d'introduire l'agriculture a plus grande échelle a été conduite, mais de nouveau, les cultures ont été détruites par les rats. Ce fut le coup de grâce à la faible économie de l'île, et en 1658, la Compagnie (VOC) décide d'abandonner la colonie. Le dernier gouverneur Abraham Evertsz détruit le fort Frederik Hendrik et, avec les 40 autres habitants, abandonna l'île Maurice. Entre 1658 et 1664 Maurice resta inhabitée.
En 1663, la VOC a ordonné au gouverneur de la colonie du Cap de rétablir la colonie néerlandaise de l'île Maurice. À l'été 1664, le navire du gouverneur Jacobus Nieuwlant s’ancra dans le "Warwick Haven" où il y avait les ruines de l'ancien fort Frederik Hendrik. A la mort de Nieuwlant à la fin du mois de mai 1665, George Wreede est nommé au poste de gouverneur. La coupe de l'ébène reprend on tente de développer l'agriculture.
En 1673, après la mort de Wreede, Hubert Hugo devient gouverneur. Excellent commandant, il a développé l'agriculture, réparé le fort, construit une nouvelle église, un moulin à scie, une tannerie et 16 km de route (à Flacq). La population de l'île a augmenté. Les bourgeois se sont installés autour de l'île, dans les zones actuelles de Flacq (le principal établissement), Rivière Noire et Port-Louis.
En 1677, Isaac Lamotius fut nommé nouveau gouverneur de Fort Frederik Hendrik, la garnison était de 55 soldats et esclaves, les bourgeois étaient 32. Pendant le gouvernement Lamotius, les derniers Dodos furent exterminés. En 1692, Roelof Diodati est devenu gouverneur.
En 1695, un gros ouragan a dévasté l'île, plusieurs bourgeois perdirent toutes leurs récoltes, et beaucoup quittèrent l'île. En 1703 est nommé le dernier gouverneur hollandais de l'île Maurice: Adriaan van der Velde Momber. Pendant son gouvernement, l'économie de l'île a été réduite a une extrême pauvreté et, en 1706, la VOC décida d'évacuer l'île, à l'époque ou la population néerlandaise était de 48 serviteurs de la Compagnie, 32 bourgeois (5 vivaient a Rivière Noire, 15 dans le port du Nord-Ouest et 12 à Flacq) avec 24 épouses et 69 enfants ; il y avait également 71 esclaves et au total 244 personnes.
En Février 1710, les derniers Néerlandais quittèrent Maurice. L’ile resta alors abandonnée jusqu'à l’arrivée des colons français en 1715.
Le dodo, ou dronte. Carte montrant les Mascareignes, appelées île de Bourbon, île de Cirne et île Diego Rois