La guerre entre la France et le Royaume-Uni dure depuis 1792. Ce dernier a réussi à conquérir toutes les possessions françaises de l’Océan Indien depuis la prise de la Réunion en juillet 1810, sauf l’île Maurice (appelée alors île de France).
Le 8 juillet, une expédition britannique, renforcée de 3 000 cipayes, débarque à la Réunion et s’en empare complètement le 10 juillet.
Début août, les Britanniques commencent à prendre position à l’est de l’île Maurice. La côte ouest est bien défendue : la division Hamelin mouille à Port-Louis, les ports sont bien fortifiés, des troupes y sont en garnison. Aussi c’est Grand Port, ou Vieux Grand Port - renommé Port-Impérial durant le Premier Empire - que les Britanniques attaquent.
Le port est situé au fond d’un lagon, coupé de l’océan par une barrière de corail, franchissable uniquement par un étroit goulet. Ce goulet est défendu par une batterie côtière installée sur un îlot, l’île de la Passe. La frégate britannique Néréide, sous les ordres de Nesbit Willoughby, réussit à passer dans le goulet entre l’île de la Passe et Grand Port, et à débarquer les fusiliers du capitaine Pym au sud de l’îlot dans la nuit du 13 au 14 août. Les 60 hommes qui la défendaient sont fait prisonniers, et l’île tombe aux mains des Britanniques. La Néréide reste au mouillage dans la baie de Mahébourg, à proximité de Grand Port. Des détachements britanniques débarquent et convainquent les planteurs de se rallier. Les fortifications de la pointe du Diable sont également prises.
La division Hamelin est alertée et met les voiles pour contourner l’île et reprendre l’îlot. Mais c’est celle de Duperré qui arrive la première sur les lieux, le 20 août. Non informée du combat, elle rentre d’une croisière qu’il effectuait avec les frégates la Bellone et la Minerve, et le brick Victor. Duperré rapporte en outre deux vaisseaux pris à la Compagnie britannique des Indes (le Ceylon et le Windham) par le fougueux capitaine de la Minerve, Bouvet.
La division Duperré s’avance donc sans méfiance vers la passe, les Britanniques ayant laissé les couleurs françaises flotter sur le fortin. Bouvet passe sous les boulets britanniques, suivi des autres bateaux français. Le Windham seul réussi à virer de bord avant d'être engagé dans la passe. Il sera repris par les anglais quelques jours plus tard. Les quatre navires français vont mouiller au fond du lagon.
Mais, le 22 août, la frégate Sirius rejoint la Néréide, suivi le 23 par deux autres frégates, la Magicienne et l’Iphigénia. Totalisant 174 canons, contre 146 aux navires français, les Britanniques décident d’attaquer. Mais le lagon, parsemé de hauts-fonds coralliens, ne permet pas les manœuvres : seuls quelques chenaux permettent la navigation. Les deux flottilles s’affrontent donc à l’ancre à partir du soir du 23 août.
Mais les boulets coupent les chaînes d’ancre, les navires se mettent à dériver, puis s’échouent tous successivement, tout en continuant de se bombarder. Le Sirius et la Minerve, échouées au loin, ne participent plus au combat : l’équipage de la Minerve passe sur la Bellone. La Magicienne est évacuée par son équipage, et explose le soir du 24 août.
Le lendemain, le Sirius est incendié par son équipage, et la Néréide ne peut manœuvrer : seule l’Iphigénia peut s’échapper par la passe. Mais la division Hamelin l’empêche de prendre le large, et la capture.
Le 28 août, les soldats britanniques restés sur l’île de la Passe font leur reddition.
Les Britanniques perdent quatre navires : deux coulés, deux capturés. Les Français font en outre 1 600 prisonniers. Cette victoire permet à la France de conserver l'île pour une courte durée.
En Septembre, Octobre et Novembre 1810, les forces britanniques sont arrivées de Madras, Bombay et le Cap de Bonne-Espérance, les navires de guerre se joignant à l'escadron de Rowley au large de l'Isle de France et les soldats se rassemblant a Rodrigues. Cette accumulation de forces fait suite a la défaite de Grand Port combinée avec les lourdes pertes de l'Est Indiamen au cours de 1809 et 1810. Les autorités britanniques étaient déterminés à mettre fin à la menace posée par l'escadre française à l'Isle de France, avant la saison des ouragans rendant les voyages dans la région trop dangereux. En fait, la menace de l'Isle de France a déjà considérablement été réduite: les dommages subis par les frégates françaises lors des combats à Grand-Port et courant Septembre n'ont pas pu être réparés avec les fournitures navales disponibles sur Isle de France. En outre, les vivres commençaient à manquer en raison du nombre important de prisonniers britanniques sur l'île et le moral s'est effondré à la suite de la défaite de Hamelin.
À la fin de Novembre 1810, la force d'invasion fut assemblée et le vice-amiral Albemarle Bertie pris le commandement à Rodrigues. Après consultation auprès de ses commandants, Bertie décide d'attaquer à Grand Baie au nord de la capitale de l'île. L'ammarage serait commandé par le capitaine Philip Beaver à bord du HMS Nisus et les premières troupes à terre seraient une avant-garde spécialement sélectionnée sous les ordres de Keating et une brigade navale commandée par le capitaine William Auguste Montagu. Ces forces avanceraient à Port Napoléon avec un renforcement ultérieur de la force principale sous le général John Abercromby au cours des jours suivants. Cette force, près de 7.000 en nombre, était significativement plus grande que les troupes fiables disponibles à Decaen, qui comptait environ 1.300 hommes, et avaient pour but de parvenir à une résolution rapide de la campagne avant la saison des ouragans débutant en Décembre.
Partis de Rodrigues le 22 Novembre, les 70 navires de la flotte d'invasion atteint Grand Baie le 29 Novembre. Les Français ne firent aucune tentative pour résister à l'approche, en mer comme à terre et Keating fut en mesure d'avancer rapidement sur la capitale, les unités de milice mobilisées reculant devant l'avancée britannique. Le 30 Novembre, Keating a traversé la rivière du Tombeau après que la garnison de la milice se soit retirée, et le soir ses unités les plus avancées furent à quelques miles de la capitale. Le lendemain matin, le commandant de Decaen sur le terrain, Edmé-Martin Vandermaesen, pris position, formant une ligne sur une hauteur de l'extérieur de la ville qui a bloqué l'avancée de Keating. Engageant au centre, Keating utilisa sa superiorité numérique pour déborder sur les flancs et vaincre la garnison française. Et Port Napoléon était tombé. Un cessez-le-feu fut adopté le 2 Décembre et le jour suivant Decaen se rendit, bien que lui et ses hommes aient été rapatriés en France avec leurs armes et effets personnels.